Quand une étrangeté devient une norme. Autrefois réservé à une poignée de pratiquants, le fitness compte désormais pas moins de 60 millions d'adeptes.

Ils sont partout. Bandés, luisants, sur les couvertures des magazines ou à la salle de fitness du coin.

La loi du muscle qui est née à l’aube des années 80 a fini par s’imposer à tous : acteurs, mannequins, politiques, et quidams bien obligés de suivre le mouvement, dans les salles où ils suent pour booster leurs vues Instagram.

Les muscles n’ont jamais été aussi visibles que depuis qu’on n’a plus besoin d’eux : c’est l’un des grands paradoxes de nos sociétés tertiarisées, qui ont trouvé dans le muscle une métaphore globale pour leur obsession du contrôle et de la rentabilité.

L’Otan muscle sa réponse à la Russie, les banques nous invitent à muscler nos finances, les magazines à muscler nos fessiers, nos neurones, notre quotidien. Bref, il n’est plus permis de ne pas être en forme. Mais en forme de quoi ?