En guise d'introduction, l'image ci-dessus représente la place du rapport de notre zone de bivouac. Ne nous jugez pas, on a essayé de faire ça comme on a pu, avec les moyens du bord. Bivouac oblige !

Tout commence par le dépôt de nos téléphones portables dans des boîtes qui resteront dans le coffre fort de notre compagnie à l'école.
Nous voilà désormais coupés du reste du monde pour les six prochains jours, ça rigole déjà moins dans la compagnie. Vous me direz, cela ne fera pas de mal pour les accros des réseaux sociaux ou des jeux mobiles.

Le départ se fait en bus. Nous prenons la direction du camp de Bourg-Lastic en Auvergne. La météo s'annonce pluvieuse pour toute la semaine, mais pas de stress, le militaire a la peau étanche, c'est bien connu. Côté température, comptez 4°C en moyenne, avec bien sûr des températures négatives pendant les deux derniers jours, et en cadeau une petite gelée nocturne.

Jour 1

La compagnie est divisée en deux camps différents qui se font faces. Nous installons donc deux zones de bivouac distinctes.

Durant la nuit chaque camp devait attaquer l’autre. Nous devions voler la nourriture et les armes tout en faisant un maximum de prisonniers. L'objectif était d'affaiblir au maximum l'adversaire. Autant vous dire que les nuits étaient courtes.
Bien évidemment il ne fallait pas négliger la protection de notre propre camp.

Nous étions en totale autonomie. Les cadres de notre compagnie étaient logés en base arrière, à environ 2 kilomètres de notre position. Seuls deux personnels restaient sur place en cas d'urgence.

Jour 2

En journée nous avons été évalués au combat (IT), à la topographie (GEO) et à la pratique du BE, pour lesquelles nous nous sommes regroupés sur une seule zone de bivouac.

Lors de la deuxième nuit, nous avons été pris à parti par l’ennemi, constitué de nos cadres ainsi que d'autres cadres du 92ème régiment d'infanterie tout proche !

Notre mission était de tenir nos positions tout en empêchant autant que possible la progression de l'ennemi. Ce fût une mission accomplie avec succès pour nous, élèves gendarmes, car aucun des ennemis n’a pu avancer et atteindre notre campement. Notre bulle de protection était particulièrement efficace.

Jour 3

Durant la troisième nuit, nous avons fait un parcours évasion "nouvelle formule". En gros, ce fût essentiellement de la course d'orientation nocturne d'une dizaine de kilomètres, agrémentée d'obstacles divers et variés. Je n'en dirai pas plus pour que vous puissiez vous également vivre pleinement ce parcours.

Jour 4

Le quatrième jour fût la découverte et l'apprentissage de nouvelles techniques de combat d'un niveau supérieur avec entre autres des embuscades, contournements de l’ennemi sous feu et j'en passe. Je ne vous cache pas qu'en tant qu'ancien militaire c'était pour moi un véritable plaisir et beaucoup de déjà vu. Pour d'autres par contre, c'était nouveau à 200%.

Quant à la quatrième nuit, ce fût pour nous une nuit du stress... Le nom en dit long. En réalité, rien de bien méchant mais le 92ème régiment d'infanterie (encore eux !) s'en sont donnés à cœur joie. Leur mission était de nous désorienter et de faire monter notre stress autant que possible.

Jour 5

Finex ! Nous avons replié bagage. Avant cela, en guise de récompense nous avons eu le droit à un barbecue. Excellent moment de cohésion après ce que nous avions vécu. Après cela, nous avons chargé tout le matériel dans les camions avant de passer une toute dernière nuit en base arrière dans un bâtiment en dur.

Le lendemain matin, aux aurores, nous faisions un retour en bus à l’école.
Personnellement j’en ai profité pour réellement enfin me reposer car je ne dormais au maximum que 3 heures par nuit.

Fin

Nous arrivons à la fin de ce retex du bivouac de la 3ème compagnie de Tulle. Il est clair que chacun vit un bivouac à sa façon, qui plus est différent en fonction des écoles. Néanmoins, les grandes lignes restent les mêmes.

Je suis volontairement resté vague sur les activités et sur le contenu des nuits pour ne pas en favoriser ceux qui liraient ce retour d'expérience. C'est une épreuve dont il vous reste encore tout à découvrir, et rien ne vaut que de le vivre en vrai.

Il y aura un avant et après bivouac, soyez en convaincu. L’aguerrissement est le maître mot.